Les Tueurs
Yvon Vromman, Gérald Fenerberg et Jones Jacob : énergie brute, rock déformé, goût du spectacle et de l’absurde.

Une collision improbable : l’énergie primitive des Tueurs de la Lune de Miel rencontre l’avant-garde d’Aksak Maboul. Le résultat devient l’un des disques emblématiques de l’underground belge du début des années 1980.

Le recto juxtapose Yvon Vromman et Véronique Vincent dans une composition presque cinématographique. Le verso transforme les membres en galerie de portraits colorés et livre les crédits du disque. L’exemplaire porte même des annotations manuscrites : il a une histoire propre.


Les Tueurs de la Lune de Miel naissent dans l’underground bruxellois autour d’Yvon Vromman, Gérald Fenerberg et Jean-François Jones Jacob. Leur réputation vient d’un mélange de provocation, d’humour et de détournement des genres. Leur premier album, Spécial Manubre, paraît en 1977.
Yvon Vromman, Gérald Fenerberg et Jones Jacob : énergie brute, rock déformé, goût du spectacle et de l’absurde.
Marc Hollander et Vincent Kenis : arrangements aventureux, ouverture à l’avant-garde et à des vocabulaires musicaux multiples.
Mannequin et journaliste à l’époque, elle rejoint le groupe au chant. Son élégance froide crée un contraste scénique spectaculaire avec Vromman.

No Wave new-yorkaise + pop française + humour absurde.
Yvon Vromman
Yvon Vromman
Yvon Vromman
Yvon Vromman
Yvon Vromman
Yvon Vromman
Relecture de Charles Trenet
Yvon Vromman
Reprise de Serge Gainsbourg / France Gall
Reprise associée à Sheila


Le premier single devient un succès radio en Belgique puis en France. Le groupe fait entrer une chanson française patrimoniale dans son laboratoire post-punk et l’emmène jusque sur les plateaux de télévision.
Le second single, chanté par Véronique Vincent, montre l’autre pôle du groupe : une voix détachée, presque glacée, posée sur un arrangement mobile et nerveux.
Cette captation de télévision néerlandaise montre ce que le disque seul ne peut restituer : l’instabilité scénique et le jeu physique du groupe.
Crammed insiste sur l’opposition entre Véronique Vincent, distante et élégante, et Yvon Vromman, nerveux, brouillon et extravagant. Cette tension visuelle devient une composante du son : deux manières contradictoires d’occuper une chanson.

Le disque est enregistré en 1981 entre la Suisse et Bruxelles puis mixé à Londres. Le verso de l’exemplaire crédite les Tueurs et Aksak Maboul à la réalisation et John Walker au mixage. Crammed situe cette production au moment où les deux groupes sont pratiquement imbriqués.
Enregistrement du disque ; Route Nationale 7 commence sa trajectoire radio.
Parution de l’album. Succès de Route Nationale 7 en Belgique et en France.
Réception très favorable en Allemagne et au Royaume-Uni ; le groupe apparaît en couverture du NME et tourne en Europe.
Décollage paraît en single ; sortie du Subtitled Remix EP.
La formation se sépare en deux camps.
Crammed réédite l’album en vinyle avec son artwork original.
La réputation du disque a grandi après la séparation du groupe. Crammed le présente aujourd’hui comme un classique de son catalogue ; la réédition rappelle aussi l’accueil exceptionnel qu’il reçut dans la presse britannique et allemande.