Nikita
Jean Reno y incarne Victor, le « nettoyeur », matrice directe du futur Léon.
New York. Un tueur à gages solitaire ouvre sa porte à Mathilda, douze ans, dont la famille vient d’être assassinée. À partir de cette porte entrouverte, Luc Besson construit un thriller violent autour de deux êtres qui n’ont plus personne.
L’objet transmis n’est pas une affiche de cinéma mais une capture de programmation RTL club. Elle montre Léon et Mathilda dans l’appartement et identifie sans ambiguïté le film. Cette image constitue la source physique/visuelle de départ du STCD.
Produit par Gaumont, tourné en anglais et largement situé à New York, Léon marque une étape décisive dans l’internationalisation du cinéma de Luc Besson.
Jean Reno y incarne Victor, le « nettoyeur », matrice directe du futur Léon.
Les prises de vues s’étendent de juin à octobre, entre New York et Paris.
Léon arrive dans les salles françaises.
Le film reçoit sept nominations, dont meilleur film, réalisateur, acteur, photo, montage, son et musique.
Le personnage prolonge une idée apparue dans Nikita : Victor, interprété par Jean Reno, était déjà un spécialiste chargé de « nettoyer » une opération. Pour Léon, Besson reprend cette silhouette mais lui donne une vie quotidienne, une naïveté et une vulnérabilité qui deviennent le cœur du film.
Il travaille, boit du lait, entretient sa plante et dort assis. Son professionnalisme contraste avec une grande maladresse affective.
Après le massacre de sa famille, elle cherche protection puis vengeance. Son arrivée force Léon à sortir de son isolement.

Une performance fondée sur l’économie de mots, le corps et une innocence inattendue.
Premier rôle au cinéma de Natalie Portman, encore enfant lors du tournage.
Un policier corrompu et théâtral, construit dans l’excès et l’imprévisibilité.
Le restaurateur qui sert d’intermédiaire professionnel à Léon.
Le film utilise de nombreux extérieurs new-yorkais, tandis que des intérieurs de l’appartement de Léon sont tournés à Paris. Le Chelsea Hotel et plusieurs rues de Manhattan figurent parmi les lieux documentés. Ce mélange permet à Besson de fabriquer un New York à la fois concret et stylisé.
La photographie de Thierry Arbogast alterne rues écrasées de soleil, couloirs sombres et intérieurs très composés. Les cadres en scope donnent aux corps et aux regards une place spectaculaire. La violence du thriller cohabite ainsi avec des motifs presque enfantins : le lait, la plante, les imitations, les jeux et l’apprentissage.
Norman Stansfield n’est pas traité comme un adversaire discret. Gary Oldman en fait une présence instable, capable de passer du calme à l’explosion. Face au mutisme de Léon, cette démesure crée l’un des contrastes les plus reconnaissables du film.
Toujours avec lui, jamais vraiment enracinée : la plante résume la vie de Léon avant Mathilda.Lecture éditoriale STCD Film
Éric Serra signe la musique originale, poursuivant sa collaboration avec Luc Besson. Le film se referme sur « Shape of My Heart » de Sting, morceau préexistant qui devient durablement associé à Léon.
Une partition atmosphérique qui accompagne autant la tension que l’intimité.
Le titre de Sting accompagne la fin et le générique.
Version actuellement référencée par Gaumont dans son catalogue.
Gaumont référence également une version longue, qui développe davantage la relation entre Léon et Mathilda.
À sa sortie, plusieurs titres français se montrent sévères envers le film, lui reprochant son esthétique, ses références et sa violence sentimentalisée. En parallèle, Léon s’impose auprès du public et acquiert progressivement un statut international durable. Aux États-Unis, les données Box Office Mojo recensent 19,5 millions de dollars de recettes domestiques pour la sortie originale.
La relation entre l’adulte Léon et Mathilda fait aujourd’hui l’objet d’une lecture plus critique, notamment autour de la sexualisation du personnage enfant. Natalie Portman a elle-même évoqué, des années plus tard, les conséquences de la sexualisation qu’elle a subie après ce premier rôle. Cette relecture contemporaine n’efface ni la place historique du film ni le malaise que certains de ses choix peuvent désormais produire.
Affiche, photogrammes et informations techniques.
Gaumont conserve et documente notamment les costumes de Léon et Mathilda.
Bande-annonce publiée par Sony Pictures Entertainment.
Le film installe durablement Jean Reno dans le cinéma international et révèle Natalie Portman.
Besson poursuit son passage à une production anglophone de grande ampleur.
Gaumont célèbre officiellement le vingtième anniversaire du film.
Gaumont référence Léon en DCP 4K, en version courte et en version longue.
Léon reste moins l’histoire d’un tueur que celle d’un homme sans attaches qui découvre, trop tard et brutalement, ce que signifie s’attacher à quelqu’un.Lecture éditoriale STCD Film