Écriture
Marc-Fabien Bonnard signe les paroles de Jolie Poupée ; David Martial en compose la musique.

Ce 45 tours français paraît chez Accord, distribué par Musidisc, sous la référence ACX 135 102. Le recto fourni devait être le point de départ de l'expérience ; faute d'accès technique à l'image, son contenu visuel n'est pas décrit. Aucun verso n'ayant été fourni, il n'est pas inventé.

Bernard Ménez vient d'abord du théâtre et du cinéma. Il a déjà enregistré un premier 45 tours en 1977, mais n'est pas pressé de recommencer. Entre-temps, il pratique l'opérette et Offenbach. Ce détour est essentiel : Jolie Poupée ne constitue pas l'essai maladroit d'un acteur, mais la rencontre entre une vraie pratique de la scène musicale et une chanson exactement ajustée à son personnage public.
En 1983, Marc-Fabien Bonnard, qui lui propose régulièrement des chansons, fredonne Jolie Poupée au téléphone. Ménez, jusque-là réticent, est séduit par le rythme, la biguine et les paroles humoristiques. Le texte joue sur un doigt blessé, le pansement appelé « poupée » et une série de glissements à double sens. L'efficacité vient de ce mélange : une situation minuscule, un balancement tropical et l'autodérision d'un interprète immédiatement reconnaissable.
Marc-Fabien Bonnard signe les paroles de Jolie Poupée ; David Martial en compose la musique.
Bernard Estardy assure les arrangements, donnant au morceau son mouvement de variété dansante teinté de biguine.
Michel Landi est crédité pour l'illustration et la maquette de la pochette.
Marc-Fabien Bonnard est également crédité à la direction artistique.
Le moteur du disque : refrain répétitif, humour verbal et rythme de biguine.
Le versant moins connu du single, documenté par les catalogues de l'édition mais beaucoup moins présent dans les archives accessibles.
Bernard Ménez raconte que la chanson prend son essor dans une émission de Guy Lux. Prévue pour le générique de fin, elle est déplacée au début après la répétition. Invité ensuite dans Cadence 3, il gagne la compétition et revient la semaine suivante. La télévision ne se contente pas d'accompagner le succès : elle le fabrique, en transformant le refrain et le jeu corporel de l'acteur en numéro immédiatement partageable.
Le succès attire un témoin inattendu : Jacques Rozier, cinéaste de la Nouvelle Vague qui avait révélé Ménez dans Du côté d'Orouët. Avec une caméra vidéo, il suit le Podium Europe 1 et cherche moins la performance officielle que les coulisses, les réactions du public et les frottements entre vedettariat populaire et observation documentaire. Le résultat, Oh, oh, oh, jolie tournée !, est aujourd'hui proposé par HENRI dans une version numérisée par la Cinémathèque française.
Cette chanson m'a apporté un complément de notoriété important auprès du public.
Parce que ce 45 tours concentre une forme très française de culture populaire des années 1980 : l'acteur-chanteur, la télévision de variétés, le refrain à gestes, le podium d'été et la pochette illustrée. Mais sa postérité devient plus intéressante encore grâce au regard de Jacques Rozier. À côté du tube subsiste un film sur la circulation d'une chanson, de l'objet pressé aux foules, des studios aux coulisses. Jolie Poupée n'est donc pas seulement un souvenir sonore : c'est une porte d'entrée vers tout un écosystème médiatique disparu.