Quand l’espion imaginaire doit devenir un vrai faux espion.
Deux ans après le premier film, François Perrin revient. Cette fois, Toulouse n’a plus seulement besoin que l’on croie à sa légende : il doit la prouver. L’homme choisi au hasard est donc contraint de jouer le rôle que les services secrets avaient inventé pour lui.
Georges Pompidou meurt en avril. Valéry Giscard d’Estaing est élu en mai. Lorsque le film arrive en salles le 18 décembre 1974, la France entre dans une nouvelle séquence politique, mais Yves Robert conserve la même administration opaque et ses guerres internes.
Fin brutale d’un mandat présidentiel.
Nouvelle génération au pouvoir.
Perrin revient dans la machine.
Le capitaine Cambrai enquête sur la mort de Milan et soupçonne Toulouse d’avoir utilisé un innocent. Pour sauver sa position, Toulouse doit désormais démontrer que François Perrin est réellement un agent exceptionnel.
Il part d’un soupçon juste : Perrin n’est pas un espion. Sa méthode consiste à démonter le récit construit par Toulouse.
Il ne peut plus simplement manipuler Milan. Il doit maintenant rendre crédible, devant un enquêteur, le mensonge créé deux ans auparavant.
C’est l’inversion du premier film. En 1972, Perrin était drôle parce qu’il ignorait tout. En 1974, Toulouse l’oblige à se déguiser en agent secret et à participer à la mise en scène.
Perrin et Christine sont partis au Brésil. Mais le passé parisien les rattrape. Toulouse fait pression sur Perrin et utilise Christine pour contraindre le violoniste à collaborer.
Maurice n’est plus seulement le témoin paniqué du premier film. Il possède une information capable de faire tomber Toulouse : Perrin est un innocent. Son amitié avec François le place donc au cœur de l’enquête de Cambrai.
La logique bureaucratique du film atteint ici une forme presque surréaliste : Toulouse annonce la mort de Perrin, puis doit produire un cadavre, un cérémonial et une histoire cohérente. Le mensonge administratif réclame désormais sa propre mise en scène funéraire.
La bande originale élargit le vocabulaire musical du premier film. La partition accompagne Rio et joue avec la samba, la bossa et les motifs déjà associés au Grand Blond.
Perrin doit enfin ressembler à l’espion que le dossier décrivait.
Le réalisateur réapparaît en chef d’orchestre : un motif à comparer au premier film.
Une piste intéressante à vérifier plan par plan : la violence de cette suite est largement construite comme simulation.
La critique publiée par Télérama reproche au film de reprendre trop consciencieusement les mécanismes et les gags du premier. Cette réserve est intéressante à confronter au succès populaire : la suite dépasse tout de même les deux millions d’entrées en France selon les bases de box-office.
C’est ce qui donne au diptyque sa cohérence. Dans le premier film, l’administration interprète le réel. Dans le second, elle doit le fabriquer.
Un inconnu devient espion par erreur.
L’inconnu doit jouer son propre mythe.
Le concept du premier film sera repris aux États-Unis.
Gaumont — fiche officielle, synopsis, distribution et galerie du film. AlloCiné — date de sortie et synopsis. Télérama — réception critique rétrospective. JP Box-Office — données d’entrées. Images Gaumont : tous droits réservés. L’image Pierre Richard / Mireille Darc provient d’une vignette de bande-annonce hébergée par Dailymotion.
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